Evaluation de l’efficacité de l’écopâturage : premier bilan positif

L’expérience montre que l’arrachage répété donne des résultats satisfaisants dans la lutte contre le Baccharis. Toutefois, sur les zones fortement colonisées, la technique de l’arrachage manuel ne peut pas être envisagée à un coût supportable, seul un traitement mécanique apporte une première solution. Il convient ensuite de compléter cette intervention initiale par de l’écopâturage.  Encore faut-il en vérifier l’efficacité. C’est l’objectif de l’expérimentation conduite conjointement par le collectif anti-baccharis et les Amis des sites de Mesquer.

L’expérimentation dont vous trouverez le pdf des conditions expéremenates et les résultats  montre une bonne efficacité de la méthode.

Resultats

Vidéo technique de lutte : arrachage suivi d’un passage de rotavator et d’un semis

Pour lutter contre le Baccharis halimifolia, la technique de l’arrachage est la plus efficace. Une éleveur de moutons de Mesquer, également conducteur d’engin, a éliminé les arbustes sur une zone totalement envahie avec le soutien de la commune. Il s’agissait d’ouvrir le terrain pour ses animaux en charge de l’entretien ultérieur. Par ailleurs, il a complété ce travail par le passage d’un rotavator suivi d’un semis d’un mélange de graines pour prairie de longue durée.

 

 

 

 

Vidéo gyrobroyage par une pelleteuse-épareuse : une technique très rapide… …pour commencer

Dans le cadre d’un programme Natura 2000 à Mesquer, Cap-Atlantique (Comcom de la Presqu’île guérandaise), a choisi le broyage  des Baccharis présents sur les marais de Quimiac par l’intervention d’une chenillette munie d’une épareuse. Cette technique présente l’intérêt d’être très rapide. Par ailleurs, elle permet de traiter le dévers des talus sans difficulté. Toutefois, elle n’élimine pas les racines et les repousses seront abondantes. Elle ne peut donc s’envisager que dans un programme qui comprend un traitement ultérieur comme l’éco-pâturage.

Baccharis. Avec le soutien de Barbara Pompili – art Le Télégramme

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Baccharis. Avec le soutien de Barbara Pompili

Publié le 09 juin 2016 Laurent Guenneugues

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Daniel Lasne (à gauche), appuyé par Luc Foucault (à droite), a expliqué à Barbara Pompili (au centre) les techniques mises au point par le collectif pour lutter contre le baccharis. (Photos François Destoc)

 

Barbara Pompili, la secrétaire d’État à la biodiversité, était de passage autour du golfe, hier après-midi. Après avoir rencontré les élus du Parc naturel régional à Sarzeau, elle est allée soutenir le Collectif anti-baccharis, à Séné.

 

Depuis deux ans, les 80 bénévoles du Collectif anti-baccharis sont à pied d’oeuvre à Séné. Deux fois par mois, ils se retrouvent pour des chantiers d’arrachage de cette plante invasive venue d’Amérique du nord. Leur collectif a fait des petits, à Larmor-Baden et Baden, Saint-Armel… D’autres sont aussi en train de se monter à Arzon et Damgan.

 

« Une France qui se bouge »

Seize hectares de la commune de Séné sont touchés. Les bénévoles espèrent en venir à bout dans cinq ans, même s’il faudra continuer à surveiller le territoire par la suite. Hier soir, ils ont eu un soutien de poids dans leur combat, apporté par Barbara Pompili au marais de Morboul : « Vous représentez une France qui se bouge, qui agit en collectif et qui invente des solutions, une France qui ose et qui avance ». Daniel Lasne, vice-président du collectif, l’a accueillie et lui a présenté l’outil qu’il a mis au point pour arracher les plantes quand elles ont pris de l’épaisseur. Une sorte de fourche, avec un plateau d’appui et une rotule pour faire un effet de levier. Il l’a baptisé la baccharrache. Et la secrétaire d’État à la biodiversité a joint le geste à la parole en l’aidant à arracher deux plants. « Cela fait deux ans et demi que l’on a monté le collectif, explique Daniel Lasne. Petit à petit, on trouve de nouvelles techniques pour gagner en efficacité et économiser de l’énergie. Pour les plants les plus gros, depuis un an, on les coupe, on les perce et on met du gros sel dedans pour qu’ils ne repoussent pas ».

Du gros sel non homologué

Problème : cette technique n’est pas encore homologuée au niveau européen. Il en a fait part à la secrétaire d’État, qui leur a répondu : « J’ai bien noté vos problèmes avec l’utilisation du sel. Croyez que je vais tout faire pour vous aider à trouver une solution à cette question ». Autre doléance exprimée par Patrice Pervez, le président du collectif au niveau national : « Auparavant, une personne-ressource s’occupait de ces questions au ministère, mais elle est partie depuis six mois et elle n’a pas été remplacée ». Réponse de la secrétaire d’État : « On a été très pris par la loi biodiversité… Mais on s’est effectivement rendu compte qu’il n’y avait plus d’équipe, ce qui est gênant. On va s’en occuper ».

Un plan global annoncé

Barbara Pompili était aussi et surtout venue annoncer un plan global contre les espèces exotiques envahissantes, qui peuvent être des plantes (baccharis, jussie, herbe de la pampa, etc.), mais aussi des espèces animales (ragondin, rat musqué, vison d’Amérique, ibis sacré, etc.). Elle s’est engagée « à ce que, d’ici novembre, la France dispose d’une législation en conformité avec la réglementation européenne adoptée en octobre dernier, et d’une stratégie efficace pour lutter contre les espèces exotiques envahissantes ». Un plan qui pourra s’appuyer sur ces initiatives citoyennes : « Vous avez compris l’urgence et vous relevez vos manches, chaussez vos bottes et créez des outils adéquats… Je n’oublierai jamais le baccharrache ! ».

© Le Télégramme – http://www.letelegramme.fr/morbihan/vannes/baccharis-avec-le-soutien-de-barbara-pompili-09-06-2016-11101028.php

Prés salé d’Arrès (bassin d’Arcachon-Gironde) : moins de Baccharis, c’est plus de Tamaris et davantage de tortues Cistude

S’il est un lieu où le Baccharis est fortement implanté, c’est le bassin d’Arcachon. Au nord du Bassin une réserve naturelle existe depuis plus de trente ans, celle des Prés Salés d’Arès gérée par l’Office National de chasse et de la Faune Sauvage. J’ai été accueilli par Richard Deneuvic est un des responsables de la gestion du site. Depuis, quelques années l’Office a engagé un combat contre le faux cotonnier. Les premiers résultats sont là mais la situation est loin d’être réglée.

Réserve Arès vue du ciel

Les Tamaris se développent à nouveau

Sur le Bassin d’Arcachon, le Baccharis est comme chez lui. Depuis quatre-vingts ans il a conquis avec appétit les prés salés, les anciens bassins piscicoles, les îlots, les polders et finalement tous espaces à sa convenance. Ceci n’aurait pu se faire sans la complicité active des Arcachonnais, séduits par les belles qualités esthétiques de la plante. Ici le Baccharis a fait son trou. Le faux cotonnier est presque considéré comme un élément du patrimoine local. En 1983 a été créée au nord du Bassin, sur une zone particulièrement riche sur le plan écologique, la Réserve Naturelle des Prés Salés d’Arès et de Lège. Après plusieurs décennies d’absence de réelle gestion, celle-ci a été confiée à l’Office National de chasse et de la Faune Sauvage. Richard Deneuvic m’explique qu’un plan de gestion rigoureux a été mis en place en 2009. Au cœur des actions à mettre en œuvre rapidement : la lutte contre baccharis qui en peu de temps ferait disparaitre la richesse de la flore et de la faune. Les tamaris qui bordent la digue de la réserve s’étiolaient. C’est à la tronçonneuse qu’une première intervention a eu lieu. Aujourd’hui après plusieurs années, les tamaris ont repris une belle vigueur. Les baccharis n’ont pas disparu. De nombreux pieds persistent sous forme de touffe au pied des tamaris. Ils seront coupés régulièrement et Richard Deuvenic a bon espoir qu’ils finissent par disparaitre. Sur l’autre face de la digue, c’est aux tortues Cistude que le baccharis portait préjudice. Il avait totalement fermé l’espace et transformé l’écosystème. L’intervention sur les zones séparant les bassins a permis d’ouvrir à nouveau l’espace et de rétablir un habitat propice aux tortues.

Chasseurs et jeunes en réinsertion, un même combat : le Baccharis.

Ares-2015-2Ici comme ailleurs, la lutte contre le Baccharis demande une main d’œuvre très importante. Les gestionnaires reçoivent un sérieux coup de main d’une association d’insertion SURF-INSERTION (membre du Collectif) qui réalise gratuitement des interventions. Les chasseurs locaux mettent également la main à la pâte. Des chantiers se font en commun. C’est l’occasion de pique-niquer ensemble et d’échanger. Les jeunes découvrent ainsi les pâtés de chevreuil et autres recettes bien locales, les chasseurs des jeunes tout à fait fréquentables.

Un gros chantier reste encore en suspens, celui de la reconquête des prés salés. Ils sont colonisés à 60 % par le baccharis. Suivre la bonne règle impose de respecter un protocole qui commence par un état des lieux précis tant sur le plan de la faune que de la flore. Il est en cours.

La lutte est donc loin d’être aboutie. Courage et persévérance sont comme toujours les deux qualités indispensables pour la lutte contre le Baccharis.

 

18 000 € consacrés à la lutte anti-Baccharis en 2016 sur la seule zone du Rostu à Mesquer (44).

Zones de traitement du Baccharis en 2015

Zones de traitement du Baccharis en 2015

En 2014, été voté pour 3 ans un budget de travaux de restauration d’un espace appartenant au Conservatoire du Littoral pour un montant de 253 000 €. Trois partenaires ont abondés : le Conservatoire du littoral finance à hauteur de 50 %, Cap-atlantique 44 % et la commune de Mesquer 6.5 % Il concerne une zone naturelle située au nord de la commune, sur les lieux-dit du Rostu, Kervarin et Chouette
La lutte contre le Baccharis représente 13 % soit 33 000 €. Fin 2015 15 500 € ont été dépensés. Ils ont permis de couper des repousses sur 25 ha et une première intervention sur 2.5 ha. On voit ici combien le traitement des repousses est coûteux et que l’éco-pâturage permettrait de faire des économies. Pour 2016 de nouveaux chantiers sont prévus pour un montant de 18 000 €. Ils feront intervenir Réagis, une association d’insertion ainsi qu’un éleveur et ses moutons pour pratiquer de l’éco-pâturage. Rappelons que l’efficacité de cette technique sur la zone fait l’objet d’un suivi expérimental par le Collectif anti-baccharis.

Un clip vidéo de 2 min 15 s pour voir deux techniques de lutte contre le Baccharis

Des techniques rapides, faciles à mettre en œuvre et peu coûteuses, voilà ce que vous propose ce petit clip de 2 minutes.  Le collectif Anti-Baccharis et plus notamment un de ses membres, Daniel Lasne, a  mis au point des méthodes de lutte efficaces. Après avoir testé l’utilisation d’une chèvre à palan, il l’a abandonné car peu pratique à utiliser et peu productive. Nous présentons ici deux techniques de lutte : l’une pour les petits sujets ayant au maximum 2 à 3 cm de diamètres, l’autre pour les plus gros sujets d’un diamètre de 3 cm à 10 cm.

Bon visionnage.

Vous trouverez ici, un plan de fabrication du Baccharrache.

 

Réunion du 26 octobre 2016 du Collectif Anti-Baccharis

Comme presque toutes ses réunions, le groupe s’est réunie en utilisant le mode conférence de Skype ce qui évite les déplacements et est le plus souvent très satisfaisant.
Les points les plus marquants de cette réunion sont les suivants.

Une technique efficace pour lutter contre les pieds âgés de Baccharis : le traitement au gros sel marin

Perçage de souche de Baccharis

Perçage de souche de Baccharis

A Séné et à Mesquer les membres du collectif ont pu tester cet été-automne la technique de traitement au gros sel des souches. La méthode est particulièrement efficace mais elle demande des précautions d’emploi. Les entailles à la tronçonneuse avec apport de gros sel ne sont pas efficaces, seuls les trous à la perceuse de 5-6 cm dans les souches garantissent le résultat. Par ailleurs sur des souches au ras du sol, il convient de traiter par un petit tas de sel. Ceci est confirmé par une étude dans le Morbihan. Voir l’article

Une nouvelle commune se mobilise contre le Baccharis dans le Golf du Morbihan :  Saint-Armel

La commune de Saint-Armel à l’est du Golfe du Morbihan, victime d’un envahissement important, notamment sur d’anciens marais salants. Des chantiers seront organisés par des équipes de bénévoles 2 journées par mois, sur le modèle Séné et en lien avec l’équipe de Séné et le Parc Naturel Régional du Golfe.

Batz-sur -mer (Loire-Atlantique) : un plan de lutte sur 3 ans décidé.

La méthodologie est la suivante : état des lieux, hiérarchisation des priorités, définition des modalités d’action, Prise en compte des espaces publics et les propriétés de particuliers envahis. Evaluation des possibilités de coordination avec les communes voisines du Croisic et du Pouliguen.

Saint-Hilaire de Riez (Vendée) : un budget de 213 000 € sur 5 ans pour agir contre le Baccharis

La commune agira sur les marais doux et salés fortement envahis par le Baccharis. 73 % des travaux sont financés par des subventions de de l’Agence de l’eau, du département et de la Région Pays de la Loire.
Le Collectif souhaite rencontrer les responsables de l’opération.

Le collectif envisage d’organiser un colloque sur le Baccharis au printemps 2016

Faire état des différentes actions engagées pour lutter contre le Baccharis et divulguer les connaissances et les pratiques seraient l’objet de ce colloque. Dans un premier temps, le Collectif va bâtir un budget.

Le projet d’Eco-pâturage à Mesquer (Loire-Atlantique) en bonne voie.

Un troupeau de 100 brebis devrait prochainement participer à la lutte contre le Baccharis sur la commune de Mesquer. La Communauté de communes Cap-Atlantique, la commune de Mesquer et l’association des Amis des sites ont voté une subvention de 5000 euros qui devrait permettre de conduire une expérimentation sur l’efficacité du pâturage sur les talus de marais et permettre ensuite l’installation d’un éleveur.

Un clip en diffusion libre sur le « Baccharis vu du ciel »

Baccharis vu du cielCe clip de 51 s montre une zone d’infestation à la saison de dispersion des graines (octobre 2015). Il peut être utile pour une réunion de sensibilisation et mis gratuitement à la disposition des organisateurs par le Collectif. Voir le clip Ici

 

 

 

 

 

 

 

Chantier d’écovolontariat « baccharis » sur la ria d’Etel

Ria-etelUn chantier d’écovolontariat le week end d u 12 & 13 septembre

Un week-end d’immersion dans la Nature en Ria d’Etel pour découvrir et protéger la biodiversité. Le chantier d’écovolontariat est ouvert aux personnes de 18 à 99 ans, pas besoin de compétences spécifiques, l’envie et la motivation suffisent !

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Méthode de mesure des populations de Baccharis sur de petites zones

Nous avons mis en place un protocole de mesure des populations de Baccharis sur de petites surfaces. Ceci afin de tester l’efficacité de différentes méthode de lutte : coupe, pâturage, arrachage…

Problème posé

Après une coupe, ou un arrachage, les repousses sont nombreuses. Il convient de savoir précisément l’impact de la méthode de lutte sur la population de Baccharis présente initialement. La méthode doit permettre de suivre l’évolution sur une longue période.

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L’expérimentateur décrit un cercle en comptant les plantes présentes le long de la corde

Matériel et méthode

Nous avons pris le parti de mesurer les populations de de zones de 10 m² Celles-ci peuvent prises au hasard dans la parcelle. Une extrapolation pourrait ensuite être faite pour connaitre la population totale de la parcelle à condition que les zones soient suffisamment nombreuses (5).

La zones de mesure se détermine à l’aide d’un solide piquet métallique  : fer à béton découpé en tronçons de 60 cm. Celui-ci est enfoncé ensuite dans le sol. Une corde 1.80 m permet de déterminer un cercle de 10 m² de surface.

La zone est localisée précisément à l’aide d’un GPS

2 expérimentateurs font le comptage. Après avoir fait la marque de départ à l’aide d’une bombe de peinture, l’un d’entre eux tends la corde et compte les Baccharis présents le long de la corde. Il distingue des différents type de Baccharis :

  • jeune pousse de l’année
  • arbuste de plus d’un an et<50 cm
  • arbuste de plus d’un an > à 50 cm
Bien marquer le point de départ

Bien marquer le point de départ

L’autre expérimentateur note sur la fiche de comptage (voir ci-après)

Le compteur progresse en décrivant la totalité du cercle.

Sur la tête du piquet nous avons enfiché une balle de golf pour retrouver facilement la zone de comptage l’année suivante. Par ailleurs la balle évite de blesser les animaux au pâturage.